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(De nombreux États des É.-U. pourraient revenir aux bulletins en papier pour l'élection du 4 novembre.)

Par Cheryl Pellerin
Rédactrice

Washington - Même pour un pays qui organise des élections depuis 232 ans, l'évolution des mécanismes de vote soulève des débats sur la meilleure façon de concevoir les bulletins de vote et les moyens les plus fiables et les plus sûrs de les compter.

Le problème ne sera pas réglé d'ici au 4 novembre, date de la prochaine élection présidentielle américaine. D'ailleurs, les questions de savoir si le gouvernement fédéral, et non les États, doit réglementer les mécanismes de vote, si des normes nationales doivent être obligatoires en la matière et si une technique particulière doit être adoptée à l'échelle nationale, ne se prêtent pas à des réponses rapides.

Selon le site Web sans but lucratif ProCon.org, les Américains ont commencé à voter à la fin du XVIIIe siècle au moyen de bulletins en papier, et le scrutin n'était pas secret. Les choses ont ensuite évolué. Le bulletin secret est apparu en 1888 en Australie. Sont ensuite venus la machine mécanique à levier en 1892, le lecteur optique en 1962, la carte perforée en 1964 et la machine à voter électronique en 1974.

Aux États-Unis, les États fédérés organisent des élections dans 10.000 circonscriptions à l'échelle des comtés et même plus localement encore, affirme Eric Fischer, spécialiste en sciences et en technologie au Service parlementaire de recherche, dans un article intitulé : « Voting Technology in the United States : Overview and Issues for Congress » (2001) (Techniques de vote aux États-Unis : historique et questions pour le Congrès).

Les techniques de vote

Le gouvernement fédéral n'impose aucune norme relative aux machines à voter, affirme M. Fischer. Toutefois, presque tous les États utilisent l'une des méthodes suivantes :

- Les bulletins en papier : la seule méthode disponible durant les cent premières années de la démocratie américaine. Durant l'élection présidentielle de 2004, 1 % des électeurs l'a utilisée.

- La machine à levier mécanique : elle permet à l'électeur de sélectionner le candidat de son choix sur un bulletin en tirant sur un levier. Un mécanisme de comptage enregistre les votes et le personnel électoral lit les chiffres. En 2004, 14 % des électeurs ont utilisé ces machines.

- Cartes perforées : l'électeur fait son choix en perforant manuellement une carte qui est ensuite insérée dans un ordinateur pour enregistrer le vote. En 2004, 13 % des électeurs ont utilisé ce moyen.

- Lecteurs optiques : cette technique est utilisée depuis des années pour évaluer les tests normalisés. L'électeur remplit un bulletin qui est ensuite lu par un ordinateur. En 2004, 35 % des électeurs ont utilisé ce système.

- Enregistrement électronique direct : l'électeur choisit son candidat sur un bulletin affiché sur l'écran d'une machine à voter ou d'un ordinateur en poussant un bouton ou en touchant l'écran. Il appuie ensuite sur un bouton « voter » pour enregistrer son bulletin. En 2004, 29,5 % des électeurs ont utilisé cette méthode.

Quant au vote électronique sur Internet il est aux États-Unis limité à des programmes de démonstration.

L'élection de 2000 a donné l'alarme

Durant l'élection présidentielle de 2000 opposant George Bush à Al Gore, des problèmes avec les cartes perforées en Floride qui ont abouti à l'affaire Bush vs Gore tranchée par la Cour suprême, ont attiré l'attention du public sur les techniques de vote.

Deux ans plus tard, le Congrès adoptait la loi dite Help America Vote (HAVA, Aider l'Amérique à voter) visant à améliorer les systèmes de vote, notamment en allouant 3,9 milliards de dollars pour remplacer les systèmes à cartes perforées et les machines à levier par des mécanismes d'enregistrement électronique ou de lecture optique. La loi exigeait en outre que chaque bureau de vote ait au moins une machine utilisable par les handicapés.

En 2003, deux experts de la sécurité informatique, Avi Rubin et Dan Wallach, ont effectué une analyse de sécurité sur un modèle de machine à écran tactile à l'aide d'un code source qu'ils avaient trouvé sur l'Internet. Leur étude a révélé plusieurs failles potentielles et amené d'autres spécialistes de l'informatique à participer au débat sur l'utilisation de machines électroniques dans les élections fédérales.

« Certains spécialistes ont réussi à prouver que certains systèmes d'enregistrement direct étaient vulnérables », a dit Michael Samos, professeur d'informatique à l'université Carnegie Mellon de Pennsylvanie, « mais personne n'a encore réussi à exploiter ces faiblesses lors d'une élection ».

Retour au papier

Selon une étude globale du vote électronique réalisée en 2005 par l'Institut d'études gouvernementales de l'université de Californie à Berkeley, le principal problème est que dans un système électronique tactile l'enregistrement des votes n'existe que sous forme numérique. Il n'existe donc aucun moyen indépendant de confirmer l'enregistrement des bulletins et, conséquemment, aucun moyen de les recompter.

Dans l'ensemble des 170.000 bureaux de vote du pays, on a généralement décelé une tendance vers l'adoption de systèmes informatiques (lecture optique et enregistrement direct) au détriment des systèmes manuels lors des élections fédérales.

Toutefois, des rapports publiés dans la presse semblent indiquer que du fait de la controverse soulevée par les machines électroniques, de nombreux États pourraient pour l'élection de 2008 utiliser des bulletins remplis au stylo par les électeurs et balayés ensuite par lecteur optique.

« Il sera intéressant de voir ce qui se passe avec les nouvelles générations », a dit M. Fischer lors d'une discussion. « À l'évidence, ceux qui ont grandi avec l'ordinateur seront beaucoup plus à l'aise avec cette technologie. »
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