Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement ;
Madame et Messieurs les Ministres ;
Messieurs les Ambassadeurs ;
Messieurs les Elus ;
Monsieur le Préfet de la Région du Fromager, Préfet du Département de Gagnoa ;
Monsieur le Préfet, Chef du cabinet du Secrétaire Général du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux, Directeurs Centraux et Chefs de Services ;
Messieurs les Officiers Généraux, Officiers Supérieurs, Officiers Subalternes, Sous-officiers et Militaires du rang ;
Honorables Chefs traditionnels ;
Distingués Chefs Religieux ;
Populations de Toulepleu ;
Mesdames et Messieurs.
Je suis heureux de voir tous les frères de Toulepleu ici, en même temps que je suis ému des propos qui ont été tenus à mon endroit. Sur ces propos et sur les actes qui ont été soulignés, je
voudrais revenir un peu. D’abord les promotions. Ma philosophie sur la question est simple. Et je crois qu’elle est sue de tout le monde.
[…. Interruption pour cause de pluie ; puis reprise].
La pluie a donné un cachet spécial à cette rencontre. Nous avons été émerveillés de voir des femmes, des jeunes filles et des hommes se mettre sous la pluie pour faire la fête. Nous avons même vu
un professeur de philosophie (Ndlr : Dr. Voho Sahi, fils de la région. Conseiller Spécial, chargé de la Culture et de l’Education, Docteur d’Etat es Lettres, option : philosophie, depuis le 24
septembre dernier), se mettre sous la pluie ; un Préfet se mettre sous la pluie ; un Magistrat se mettre sous la pluie. C’était fort comme image. Je vous remercie et je suis heureux de vous voir
dans mon village. […].
Il faudrait que je reprenne certains points, pour remercier l’Ambassadeur, mais aussi pour m’expliquer sur le problème des promotions. Je disais tantôt que ma philosophie est toute simple. Il
faut promouvoir les hommes qui ont appris leur métier, qui ont le cœur à l’ouvrage et qui sont compétents.
Le dire comme je l’ai dit, est simple, mais c’est l’appliquer qui est difficile. Parce que qui est compétent et qui ne l’est pas ? Choisir, nommer est toujours très compliqué. Il y a des postes
où il faut une seule personne. Pour être Préfet de la région du fromager, Préfet du département de Gagnoa, il faut une seule personne. Or, il y a certainement mille personnes qui sont capables.
Mais il faut que celui qui signe les décrets en nomme un seul. C’est là tout le problème. […].
Quand il faut un Secrétaire Général du Gouvernement, il y a des milliers et des milliers de personnes qui peuvent être Secrétaire Général de Gouvernement, mais il faut en choisir un seul. Tout le
problème des nominations se trouvent là. […].
Sur le prétexte que je connais plusieurs Préfets de région, je ne peux que nommer un seul Préfet de Région à Gagnoa. On assiste souvent à des scènes incroyables. Quelquefois, en même temps qu’un
promu est heureux, un autre est triste juste à côté pour n’avoir pas été promu à ce même poste. [….] Il faut comprendre que le monde est ainsi fait depuis la nuit des temps. Même dans la bible,
il est écrit que «Plusieurs seront appelés mais peu seront élus». C’est une phrase de Jésus Christ.
Cela ne veut pas dire que l’on est méchant. Cela veut simplement dire que l’on ne peut pas nommer plus d’une personne à un seul poste. Il faut que les frères, les sœurs et les parents comprennent
cela. J’ai tâché de mettre au poste qu’il faut, les hommes qu’il faut. Ce ne sont pas les seuls compétents et c’est là qu’intervient le subjectivisme de celui qui nomme, puisqu’on ne peut pas
nommer à un poste important quelqu’un en qui on n’a pas confiance. C’est là qu’intervient le subjectivisme.
Je ne peux pas prendre ma plume pour nommer Général, un homme que je ne connais pas ou en qui je ne fais pas confiance. […] Je ne peux pas nommer Préfet de Gagnoa, quelqu’un que je ne connais
pas. […]. C’est chez moi et quand je dors, il faut que je sois certain qu’il ne complotera pas contre moi. Il y a donc les qualités, les capacités, les critères et les grades objectifs mais en
plus interviennent une part de subjectivité, car celui qui nomme doit être en confiance.
C’est pourquoi, confiant qu’il ne faut pas laisser les autres au bord du chemin, j’ai pris la décision, par exemple pour le Corps Préfectoral et pour celui des Diplomates, de reformer. […].
Il y a des Secrétaire Généraux de Préfecture qui faisaient 15 ans dans leur fonction. Ils avaient les capacités qu’il fallait pour être Préfet. Mais du fait que celui qui nomme ne les nommait
pas, ils restaient ainsi Secrétaire Généraux de Préfecture comme s’ils n’étaient pas compétents. J’ai décidé maintenant que tous ceux qui sont compétents soient nommés Préfets. Cela ne se faisait
pas avant moi.

Tous les Sous-préfets qui ont la compétence pour être nommé Secrétaire Généraux de Préfecture
sont nommés Secrétaire Généraux de Préfecture, même si certains restent encore dans leur poste de Sous-préfecture. C’est ainsi que notre amie qui est Sous-préfet de Ouragahio, demeure Sous-préfet
de Ouragahio, même si elle est Secrétaire Général de Préfecture. Elle a le salaire de Secrétaire Général de Préfecture. Nous faisons donc tout pour ne pas léser les gens.
Cela est pareil dans le corps des diplomates. Le diplomate, c’est quelqu’un que le chef envoie pour le représenter, pour dire les dires du Chef et être ses yeux et ses oreilles dans le pays où il
est. Mais en même temps quand il parle, c’est le chef qui parle. […].
Comme Ambassadeur, il faut nommer quelqu’un en qui on a confiance absolument. […]. J’ai reformé le Corps et aujourd’hui, des personnes peuvent être Secrétaires Généraux d’Ambassades, Conseillers
d’Ambassades et être Ambassadeur même s’ils ne sont pas en poste. Ils ne perdent pas parce qu’ils ne sont pas en poste et parce qu’on ne les a pas nommé. Ils gagnent leur vie, ils font leur
carrière. Mais je mets en poste quelqu’un en qui je fais confiance.
Je peux mettre en poste quelqu’un qui n’est même pas diplomate. L’Ivoirien qui est capable à mes yeux de remplir la mission, je le prends et je le fais Ambassadeur. Quand cette situation est
passée, je le rappelle. Ça, c’est la décision du prince.
Je suis heureux que vous me remerciiez pour les vôtres que j’ai nommés, mais je l’ai fait pour leurs compétences. Parmi ceux qui j’ai nommé à Toulepleu, vous citiez le cas du Préfet Mohiro et du
Secrétaire Général du Gouvernement, le Magistrat hors hiérarchie, Félix Tyeoulou Dyela. Je ne les connaissais pas avant.
Là aussi, le travail de chacun, force l’admiration et crée la confiance. […]. Quand j’ai été élu Président de la République, Mohiro était déjà Préfet de région à Gagnoa. Devais-je le remplacer
parce qu’il faut le remplacer ? Dès les premiers moments, j’ai su que c’est un homme droit et en plus, quand la guerre a éclaté, il a été chef des Armées à Gagnoa. Il a mobilisé toutes les
troupes et il a défendu le département. Pourquoi vouloir que je le déplace?
Quand a Tyeoulou, tous les Premiers Ministres passés m’ont demandé sa tête. Lorsque je leur pose la sempiternelle question ; «Pourquoi ?», ils ne m’ont pas donné une raison valable. Le poste de
Secrétaire Général du Gouvernement est un poste très sensible. Il assiste au Conseil des Ministres sans être Ministre. Il suit les débats et quand on a besoins de souvenir, on l’interroge pour
qu’il éclaire le Conseil. Le Secrétaire Général du Gouvernement prépare toutes les délibérations du Conseil des Ministres et quand on a fini de délibérer, c’est lui qui les garde et les sort
quand on en a besoin. Pour mémoire, c’est ce poste-là qu’occupait Alain Belkiri sous Houphouët-Boigny. […].
Je l’ai trouvé Tyeoulou là. Ce n’est pas moi qui l’ai nommé. J’ai trouvé qu’il fait bien son travail donc je l’ai gardé. Je voudrais donc vous dire qu’on ne nomme pas pour nommer. […]. Les
promotions ne sont pas le fait du hasard. […].
Pour les officiers, il faut que les gens cessent aussi de se faire du mal. Pour eux, jusqu’au grade de capitaine, la promotion est presqu’automatique. Quand tu sors de l’Ecole des forces Armées,
tu es sous-lieutenant. Deux ans, trois après, tu es lieutenant, puis après, capitaine…c’est automatique. Après arrive le corps des Officiers d’Etat-major. Quand tu deviens Commandant, tu n’es
plus un officier ordinaire. Tu es un Officier supérieur, c’est-à-dire, ceux qui doivent gérer l’Armée. D’ailleurs quand tu es Commandant, on t’appelle Chef de bataillon. En ce moment viennent les
questions : Est-ce qu’on confie son bataillon à n’importe qui ? C’est cela la question. Si on signale un Officier qui est tout le temps ivre et dans un fossé, il est évident que malgré son
ancienneté, il ne sera jamais nommé Officier d’Etat-major.
Un Officier droit, intègre connaîtra automatiquement la promotion. A partir du grade de Commandant, le reste des grades appartient exclusivement au Chef d’Etat. C’est lui qui décide des
nominations à ce niveau-là. C’est lui qui met la hiérarchie supérieure de son Armée, à cause de ce qu’il en attend.
La promotion, c’est faire le travail qu’on m’a confié en m’élisant. Je donne une partie du pouvoir à des gens que je juge apte, pour que ceux-là m’aident à avancer.
Toujours sur les nominations, vous m’avez fait la passe en parlant de André (Ndlr : André Doué, nouveau contrôleur de gestion de la filière café cacao) qui à été nommé dans la filière café cacao.
Je vais en dire deux mots.
La traite arrive, et on ne peut pas l’aborder avec une filière sans tête, une filière décapitée. Il fallait que le Chef d’Etat prenne des responsabilités. L’équipe que j’ai mise là, elle est là
pour que cette traite se passe normalement.
J’ai veillé à ne pas y mettre des politiciens. J’y ai mis des gens qui s’y connaissent en gestion et en gestion de la filière café cacao. Tous ceux qui ont été mis là, on ne peut pas dire d’eux
qu’ils sont nouveaux mais au moins, ils n’étaient pas là avant, au moment où il y a eu la crise. Ils connaissent le café et le cacao. C’est ainsi que j’y ai nommé votre frère sans savoir qu’il
était des vôtres. Je l’ai trouvé capable de contrôler les finances et je l’ai nommé pour permettre que cette traite-là se passe normalement. […].
La filière est cédée aux paysans, mais lorsqu’il y a une crise de ce genre, le Chef de l’Etat prend ses responsabilités. Nous avons d’ailleurs fait la même chose pour les pèlerinages à la
Mecque.
Le pèlerinage à la Mecque appartient aux musulmans mais comme nous avons des relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite, nous avons tenu à ce que les ivoiriens ne continuent pas d’y semer la
pagaille à l’occasion de leur pèlerinage. Cela rejaillissait négativement sur nos relations avec l’Arabie Saoudite, or ce pays est important pour nous. Aujourd’hui, l’Autoroute que nous sommes en
train de faire entre Singrobo et Yamoussoukro, est co-financée par le Fonds de la Banque Islamique de Développement dont le siège est à Djeddah en Arabie Saoudite et la Banque Koweitienne de
développement.
Ce sont donc des pays avec qui nous avons des rapports. Or, si nos pèlerins vont et sont en pagaille là-bas, cela rejaillit sur nous et nous sommes obligés de prendre nos responsabilités. J’ai
pris mes responsabilités et on a fait un bon pèlerinage en 2007. Automatiquement, l’Arabie Saoudite nous a envoyé un Ambassadeur.
Pour la filière café cacao, j’étais donc obligé de prendre mes responsabilités pour que la traite à venir, dans laquelle nous avons déjà un pied, ne se fasse pas dans la pagaille. En plus, tant
que le cacao ne sort pas, nous ne récupérerons pas le D.U.S qui est l’impôt que nous prélevons au Port, à partir du café et du cacao. Il faut donc mettre les instruments pour que le café et le
cacao sortent, pour que nous prélevions notre impôt et que notre budget soit équilibré. [….].
J’ai vu toutes ces pancartes représentant toutes les communes du département de Toulepleu. Et j’ai dis au Préfet pendant que nous saluions les populations que je ne comprends pas certains hommes
politiques. Quand tu ériges un groupe de villages en commune, c’est pour donner aux ivoiriens le moyens de s’élever un peu. L’argent qu’on affecte aux communes et département n’est pas le nôtre,
c’est celui de la Côte d’Ivoire. Il faut faire en sorte que chacun, là où il est, puisse se sortir un peu de la misère.
Il faut que nous fassions en sorte que dans chaque village de Côte d’ivoire, il y ait au moins une Ecole Primaire, un dispensaire, au moins un infirmier, une infirmière, une sage-femme,
l’électricité et l’eau courante. Tant qu’on n’a pas atteint cet objectif, on n’aura pas atteint l’objectif de développement. Or pour cela, il faut créer des communes pour que les villages,
eux-mêmes, sachent ce qu’ils font. Pour qu’ils élisent leur maire et qu’ils le surveillent.
Il faut créer des Sous-préfectures pour que les Sous-préfets surveillent les maires. Il faut que les maires soient surveillés. Un maire n’est ni un roi ni un chef de village. Il dispose de
l’argent public, c’est pour quoi nous allons redéfinir les rôles du corps préfectoral. Il a un devoir de surveillance et nous allons le renforcer à priori et à postériori.
Les maires, les Présidents de Conseils généraux, et demain, les Présidents de Conseils régionaux, doivent comprendre qu’ils sont surveillés nuit et jour et que l’argent que l’Etat met à leur
disposition ne leur appartient pas, mais plutôt au peuple qui les a élu.
Vous le peuple, si après avoir élu quelqu’un, vous dormez, c’est vous qui allez en subir les conséquences. Il faut élire et exercer la surveillance populaire sur ceux que vous avez élus. […]. Si
vous élisez quelqu’un sur la base de promesses que vous ne voyez pas au bout de 6 mois, vous avez autorité pour lui demander des comptes à l’occasion des séances du Conseil municipal. C’est pour
que vous puissiez exercer votre droit que les séances sont publiques.
Les maires ne sont pas là pour faire les funérailles. Je vois des élus locaux mettre beaucoup d’accents sur des choses pour lesquels on ne les a pas élus. Les morts, il y en aura toujours et ils
seront enterrés. […]. Il ne faut pas qu’un maire ou un Président de Conseil général croit qu’il est dédouané auprès de la population, parce qu’il a été à 3 ou 4 funérailles. La population doit
nous aider à éduquer les élus. […].
Les élus ne sont donc pas élus pour avoir un titre supplémentaire sur leurs cartes de visite. Ils sont élus parce qu’ils ont pris un engagement pour faire un travail et quand le travail n’est pas
fait ils doivent rendre compte. Si le travail est fait, vous avez aussi l’obligation de les féliciter ou de prioriser les plans de développement.
Je vous en conjure, ne laissez pas au Président de la république, seul, le soin d’éduquer les élus municipaux et les élus départementaux. Participez à cette éducation en intervenant
directement.
Chères frères et sœurs, je n’ai pas encore déclaré ma candidature. J’attends encore, parce que mon rôle c’était de mettre fin à la guerre et j’ai mis fin à la guerre. Quand les élections vont
approcher, j’aviserai et je vous parlerai. Mais je voudrais vous dire que le temps est venu où les sorciers vont encore se promener partout. […].
Il faut que par le vote, les Ivoiriens écartent définitivement ceux qui sont tout le temps en train d’amener la guerre. Ce sera le message que je ferai passer. Nous sommes fatigués d’être
déstabilisés toujours par des mauvais perdants. Notre pays a tellement de richesses que nous pouvons nous envoler rapidement.
Nous sommes 3 catégories d’hommes politiques en Côte d’Ivoire. Il y a ceux qui sont toujours du côté du peuple, ceux qui sont du côté des étrangers contre le peuple et qui ne parlent que pour
défendre les positions étrangères, et enfin ceux qui surfent sur les deux premiers tableaux. […]. Il faudra démasquer ceux qui sont toujours du côté des étrangers.
Le moment venu, nous ferons ressortir tous les discours. La politique est une piste de conviction et non une piste de danse. On croit à son peuple ou on n’y croit pas. Quand on y croit, on a une
ligne de conduite. Les prochaines élections, ce sera la bataille entre ceux qui sont pour le peuple et ceux qui sont contre le peuple.
Que Dieu vous bénisse ;
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire ;
Je vous remercie.